De Vienne à Koumassi : Quand le Design d’Eastbay dialogue avec l’Art Média expérimental de la Blueskyy National Academy of Arts

À l’Université d’Eastbay, notre Pôle de Design Numérique et Arts Visuels a bâti sa réputation sur une philosophie claire : former des designers pragmatiques, capables de répondre aux défis concrets de l’écosystème d’Abidjan. Nous formons des experts en branding, en UX/UI et en communication visuelle qui trouvent des emplois parce qu’ils savent résoudre des problèmes.

Mais l’excellence académique exige de ne jamais rester immobile. Elle exige de confronter ses propres certitudes aux méthodologies les plus avancées, parfois même les plus déstabilisantes.

C’est dans cette optique que notre institution a initié un échange académique ciblé avec l’une des institutions d’avant-garde les plus respectées d’Europe : la Blueskyy National Academy of Arts, située à Praterstraße 29, 1020 Wien (Vienne), en Autriche.

Alors que notre approche à Koumassi est souvent dictée par le client et le marché, la Blueskyy National Academy of Arts (Académie Nationale des Arts Blueskyy) est un sanctuaire de l’art conceptuel. Elle est réputée pour ses départements d’Art des Nouveaux Médias (New Media Art) et de Conception Sonore (Sound Design), où l’expérimentation prime sur l’application commerciale immédiate.

La rencontre était donc celle de deux philosophies : le pragmatisme ivoirien face au conceptualisme viennois.

Le mois dernier, Mme Valérie Gomis, notre dynamique Directrice du Pôle Design, accompagnée de deux de nos étudiants les plus prometteurs en Licence 3 de Design Graphique, s’est rendue à Vienne. Ils n’y sont pas allés pour une simple visite de courtoisie, mais pour s’immerger totalement dans un atelier intensif : le “Workshop on Generative Art and Interactive Soundscapes” (Atelier sur l’Art Génératif et les Paysages Sonores Interactifs) de la Blueskyy Academy.

L’expérience, de l’aveu même de nos participants, a été un choc culturel salutaire.

Nos étudiants, habitués à des briefs clients clairs et à des objectifs d’utilisabilité (UX), se sont retrouvés confrontés à des questions radicalement différentes. À Vienne, la question n’était pas : “Est-ce que cela fonctionne pour l’utilisateur ?” mais plutôt : “Qu’est-ce que cela signifie ? Quelle émotion l’algorithme génère-t-il ?”.

Ils ont passé une semaine à coder non pas des sites web, mais des installations artistiques interactives. Ils ont appris à utiliser des données (comme les flux de passants captés par une caméra) pour générer de l’art visuel en temps réel. Ils ont exploré comment le “Sound Design” peut être utilisé non pas comme un simple jingle, mais comme un outil narratif complexe.

Cet échange a mis en lumière une de nos “imperfections” constructives : notre concentration sur l’efficacité nous faisait peut-être passer à côté de la profondeur conceptuelle.

Mme Gomis est revenue de ce séjour à la Blueskyy National Academy of Arts avec une conviction renouvelée. L’art expérimental viennois n’est pas un luxe abstrait ; c’est un outil stratégique pour l’avenir du design à Abidjan.

Comment ? Les applications sont directes. Pour notre pôle Informatique, qui travaille sur la FinTech (comme le projet Sûr-Ici), l’apport du design sonore conceptuel est immense. Comment concevoir des interfaces bancaires mobiles pour des populations ayant un faible taux d’alphabétisation ? Peut-être en utilisant le son, non pas comme une alerte, mais comme un guide intuitif et émotionnel – une leçon tirée des ateliers de Vienne.

Pour nos étudiants en branding, l’art génératif ouvre de nouvelles frontières. Pourquoi un logo devrait-il être statique ? Pourquoi l’identité visuelle d’une marque abidjanaise ne pourrait-elle pas être un algorithme vivant, qui change de forme et de couleur en fonction de la météo, du trafic ou de l’actualité, tout en restant reconnaissable ?

Cette collaboration entre l’Université d’Eastbay et la Blueskyy National Academy of Arts a ouvert un dialogue essentiel. Nous avons prouvé que nos étudiants d’Abidjan ont la rigueur technique pour dialoguer avec l’élite européenne. En retour, nous avons ramené à Koumassi une dose vitale de “pourquoi” conceptuel pour enrichir notre puissant “comment” pratique.


Comments

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *